12 juin 2016

Ces rêves étranges qui traversent mes nuits de Stéphanie Leclerc (Ecole des Loisirs)



 Résumé : Qu’est-ce qu’on va faire de toi ? Cette question, tout le monde se la pose à propos de Robin. Il vient d’être exclu du collège. Sa mère ne veut plus s’occuper de lui. Son père, pris entre son travail à l’imprimerie et sa nouvelle histoire d’amour, n’a pas beaucoup de temps à lui consacrer. Robin doit attendre le mois de septembre maintenant pour envisager une formation. Et c’est loin, septembre. D’ici la prochaine rentrée, Robin doit trouver à s’occuper. Il va souvent au cinéma, trouve des petites combines pour se faire un peu d’argent de poche et pouvoir manger au Bosphore, le kebab du coin. C’est là qu’il remarque une fille mystérieuse, aux yeux verts, qui enflamme son imagination. Mais il est peut-être en train de se faire des films…

J'ai découvert ce roman "ado" dans le cadre d'un office jeunesse professionnel... Et ça a été un énorme coup de coeur. 

L'écriture à la première personne du singulier est très fluide, très simple mais belle. Elle est juste. Et je crois qu'au delà de l'écriture, c'est ce qui qualifie le mieux ce roman : il est juste. Juste et subtil. Les situations et les personnages ne sont pas manichéens et, au risque de me répéter, sonnent juste. 

Je me suis très vite attachée au jeune Robin. Ses errances, ses conneries et son mal-être m'ont ému. Il est mal dans ses baskets mais ne sait pas vraiment pourquoi. Les autres personnages (son père, la copine de son père notamment) m'ont aussi ému dans leurs difficultés à communiquer avec lui. L'auteure a su décrire l'ennui et la solitude de cet adolescent. Car Robin est seul, personne ne croit en lui, même pas lui. Personne ne lui parle vraiment, pas par méchanceté mais parce que personne ne semble savoir quoi lui dire. Du coup, il a l'impression de ne pas être intéressant alors que ses réflexions sont très riches pour son âge. 
Même s'il est traité sans manichéisme j'ai trouvé le personnage de la mère qui baisse les bras très dur. Elle rejette son fils car elle ne sait plus communiquer avec lui. Le lien entre eux est brisé. Contrairement au père et à sa maladresse émotionnelle, je n'ai pas réussi à m'attacher à ce personnage. Elle croit aider son fils en l'écartant mais en fait cette décision semble très égoïste et enfonce Robin dans la spirale du manque de confiance en soi. Comment croire que l'on vaut quelque chose quand on est rejeté par ceux qui sont censés aimer inconditionnellement. 

Quelques événements du déroulement de l'histoire sont un peu prévisibles mais cela nous rappelle qu'on est dans un roman jeunesse. Cependant, sans pour autant être une surprise, je n'avais pas vu venir cette fin que j'ai trouvé très belle, très ouverte... Et j'adore les fins ouvertes...

En bref, un très beau livre qui parle de l'adolescence avec beaucoup de poésie et de justesse. Même si mon destin n'a rien à voir, j'ai retrouvé mon mal-être d'ado dans ce Robin. J'ai eu du mal à le quitter à la fin du livre. 

Citations : "Ma mère et moi avons été heureux ensemble jusqu'à ce que j'aie dix ans. Entre nous deux l'amour coulait de source. Après ça a été plus difficile, je ne sais pas pourquoi. Quand j'ai grandi, elle m'a moins aimé. Elle a dit de plus en plus souvent que je tournais mal. C'est plus facile de dire que les enfants tournent mal. D'ailleurs, c'est peut-être vrai. Quand on les aime moins, les enfants tournent mal."
"C'est curieux, mais ici personne ne me demande ce que je vais devenir, peut-être qu'il est évident que c'est ce que je suis en train de faire. Devenir. "



2 juin 2016

Les grandes jambes de Sophie Adriansen (ed. Slalom).




Résumé : Une histoire de collège et de complexes adolescents, d'amitié et d'amour, une histoire qui parle d'art, de Rembrandt, d'Anne Frank et d'un voyage inoubliable à Amsterdam...
Marion, collégienne en pleine croissance, est obsédée par la longueur de ses jambes qui n’en finissent pas de s’allonger, rendant la recherche d’un jean qui lui aille bien extrêmement délicate. A l’âge des complexes, des premiers émois amoureux et de la construction de l’image de soi, être hors cadre se révèle parfois difficile, voire douloureux. Comment attirer les regards de Grégory, dont elle est amoureuse, avec un pantalon qui lui découvre les chevilles ?
Mais alors que le collège part en voyage scolaire à Amsterdam, Marion profite de cette occasion pour élargir son horizon. Elle approfondit sa passion pour l’art, notamment en découvrant in situ le célèbre tableau La Ronde de nuit, et met en perspective ces contrariétés d’adolescente née après l’an 2000 en visitant la maison d’Anne Frank.

Ce roman jeunesse sortira le 9 juin prochain. Je remercie les éditions Slalom pour m'avoir permis de découvrir ce texte en avant première via la plateforme NetGalley. 

Ce court roman m'a beaucoup plu. J'ai beaucoup aimé la sensibilité de l'auteure qui rend le personnage de Marion très attachant. J'ai également trouvé que ce personnage de jeune adolescente sonnait "juste", ce qui n'est pas toujours le cas dans les romans pour et sur les ados. Sa façon de voir le monde, qui au début du récit se réduit à la cours du collège puis s'élargit au fil des pages et du voyage scolaire est très juste et très subtil. Ses complexes d'adolescente (taille, vêtement, popularité, garçon) sont subtilement traité et mélangé à des réflexions plus profonde sur l'art et la vie en général qui "élève" le lecteur. Car cette jeune Marion va grandir devant nos yeux. Et, au delà du "happy end", un peu convenu (mais il s'agit d'un roman pour de jeunes lecteurs, donc indispensable), on réfléchis avec elle sur le sens de la vie et sur ces moments qui nous on fait grandir. 

Le style est fluide et net mais pas enfantin. Le récit est bien rythmé, on ne s'ennuie pas et les évènements ne se précipitent pas. 

J'ai adoré des descriptions d'Amsterdam. On retrouve tout a fait l'atmosphère de cette ville. Quant à la description de la Ronde de Nuit de Rembrandt : je n'aurais qu'un mot : superbe. Cette scène est vraiment prenante. Je suis rentrée, avec Marion, dans ce tableau que j'aime tant. Et j'ai retrouvé le choc de sa découverte dans le musée.

Bref, un livre pour jeunes lecteurs (à partir de 10 ans, mais peut se lire beaucoup plus tard également) qui fait voyager, réfléchir, grandir... Une belle découverte. 

Citation : "Je franchis le sobre cadre de bois sombre, je plonge à l'intérieur, je fouille chaque recoin. Je suis dans cette rue, je me promène entre ces gens, les miliciens et les autres, je joue avec ces enfants, je les touche des yeux. Ils parlent une langue que je comprends."

15 mai 2016

La sorcière Ozordure de Hel et Lou (édition La marmite à mots)






Quatrième de couverture : La sorcière Ozordure aime respirer l'air pollué, vivre dans une déchetterie, s'habiller chez M'dame Poubelle, déguster des produits avariés. Quoi de plus naturel que d'avoir élu domicile sur Terre pour satisfaire toutes ses envies ? Les Hommes maltraitent leur planète depuis si longtemps... Que c'est un véritable régal pour Ozordure !! Mais les temps changent et la révolte de Dame Nature gronde...


J'ai découvert cet album dans le cadre d'un office jeunesse professionnel.

C'est un très très bel album !! Les images en collage avec des matières et des textures réaliste sont magnifique. Et l'histoire est très poétique et inventives. La lecture est ponctué de clin d'oeil qui feront sourire les plus grands (Mr Paul Empoil). Un album parfait pour aborder avec les enfants les sujets de  l'écologie, de la pollution, des déchets, des menaces climatiques... Cet album fera aussi réfléchir les adultes, sans nul doute...

Bref un album coup de coeur à mettre entre toute les mains !!

8 mai 2016

Les Trop Nul : Sauve qui poux ! de Teresa Solana et Alex Roca (ed. Hachette Romans)



Quatrième de couverture : Panique à bord ! Des poux ont envahi le Diplodocus, une énoooooorme navette spatiale en forme de dinosaure. Pour une fois, ce n'est pas la faute de Bernard et Roger, qui habitent dans la navette et qu'on surnomme les Trop Nuls. Bernard et Roger aiment faire des bêtises, ça c'est sûr. Mais, quand l'invasion de poux à commencé, ils étaient occupés à embêter les filles de la Commandante de bord. Ca ne peut donc pas être eux les auteurs de cette mauvaise farce. Qui alors? Les passagers ne savent plus où donner de la tête : comment faire face à une attaque de poux quand on se trouve au beau milieu de l'univers?

J'ai eu l'occasion de lire ce roman junior dans le cadre d'un office jeunesse professionnel. Chose originale : il s'agit d'un livre à colorier : les illustrations sont toutes en noir et blanc et les enfants sont invités à les colorier. Cependant elles peuvent aussi très bien rester en noir et blanc.

L'histoire en elle-même est très amusante. Les deux héros sont attachants et plein d'inventivité. On adore détester les quatre petites pestes. Le récit est pas mal ficelé et plein d'imagination. L'auteur crée un univers très riche.
Les jeux réalisés avec la police de caractère est très bien pensé et rythme la lecture.

Je regrette un peu la fin qui est un peu (trop) rapide à mon gout. De plus, il y a un grand nombre de personnages (près de 20) et tous ne sont pas exploités... Mais je pense que ça s'explique par le fait qu'il s'agit de la première histoire d'une série où l'on va suivre les personnages dans d'autres aventures.

Bref un roman junior très amusant et que même les adultes prendront plaisir à découvrir.

28 avr. 2016

Immaculée de Katelyn Detweiler (Robert Laffont - Collection R)



Résumé : Première de classe, bien dans sa peau et dans sa famille, Mina sort avec le garçon le plus ambitieux du lycée. Mais le jour où elle se découvre enceinte - alors qu'elle n'a jamais fait l'amour -, son monde bien ordonné chavire. Personne ou presque ne croit en sa virginité. Pour son père, le coupable est son petit-ami ; ce dernier, lui, est persuadé qu'elle l'a trompé. L'histoire de la grossesse de Mina va se répandre comme une traînée de poudre. Pour certains elle est une hérétique, tandis que, pour d'autres, les miracles sont possibles et l'enfant à naître de Mina sera le plus grand de tous... Et vous, dans quel camp vous rangerez vous ?


Autant le dire tout de suite, je n'ai pas du tout apprécié cette lecture. J'ai lu environ les 100 premières pages et les deux derniers chapitres de cette histoire.

Si le style de l'auteure ne m'a pas dérangé et est plutôt fluides et agréable à lire, c'est bien l'histoire en elle-même qui m'a profondément énervée.

J'ai trouvé relativement intéressante la partie sur la réputation de la jeune fille, comment la nouvelle de cette grossesse se répand, notamment via le media internet et les passions qu'elle déchaîne. C'est une analyse assez pertinente de notre société ultra-connectée et dans laquelle il faut avoir un avis su tout, tout de suite. Cependant, pour moi, cela ne suffit pas à sauver le livre.

Les références à la religion omniprésente ainsi que les interrogations religieuses de l'héroïne m'ont profondément gêné. Le fantastique, ici, ce résume au miracle religieux (et chrétien). Le fait que l'héroïne doit se soumettre, doit accepter et prendre comme un "miracle", comme un "don", ce qui lui arrive m'a mis mal à l'aise.
Mais au delà de ça, je pense que c'est le personnage de Mina qui m'a profondément agacé. Il s'agit d'une jeune fille brillante de 17 ans dont le seul but dans la vie, au début du roman, est de suivre son copain, brillant lui aussi, où qu'il aille, quoi qu'il fasse... L'arrivée "miraculeuse" de sa grossesse remet bien entendu tout en cause. Mais là, quand la question de l'avortement se pose (très brièvement d'ailleurs alors qu'elle ne connait pas l'origine de sa grossesse qui pourrait être un viol à son insu), elle déclare qu'elle a le sentiment de ne pas avoir le droit de faire ça... Je trouve que placer des propos comme cela dans un livre destiné à la jeunesse est inquiétant. Même s'il ne faut pas minimiser l'es conséquences d'une telle décision, la femme reste la seule et unique maîtresse de son corps et elle seule peut en disposer comme elle le veut. Le roman est une suite de cliché et d'idées d'un autre temps et ne sers définitivement la cause des jeunes femmes du XXIème siècle.

En bref, et sans m'attarder, j'ai trouvé ce roman pseudo-fantastique pétri d'une idéologie vieillotte concernant les femmes et la société.


19 avr. 2016

Le contrat Salinger d'Adam Langer (Super8 éditions)



Résumé : Journaliste désabusé, Adam Langer retrouve un jour une vieille connaissance : Conner Joyce, auteur de thrillers en perte de vitesse en pleine promotion de son dernier roman. Ce dernier lui confie avoir reçu une offre ahurissante : un homme d’affaires richissime, lui a proposé d’écrire un roman rien que pour lui moyennant une somme colossale. Seule particularité, le contrat s’assortit de certaines clauses assez particulières :
1/ le livre rejoindra la collection privée d’exemplaires uniques de l’homme d’affaires, pour lequel ont déjà travaillé des écrivains aussi prestigieux que Thomas Pynchon, Norman Mailer ou J. D. Salinger… et n’en sortira jamais.
2/ Le propriétaire se réserve le droit d’exiger de l’auteur quelques modifications de son cru.
3/ l’accord doit rester absolument secret.

Bientôt, et tandis qu’un Conner visiblement aux abois s’obstine à tout raconter à son ami – lequel se passerait bien de ces révélations –, l’histoire prend une tournure des plus inquiétantes : l’offre n’a évidemment rien de philanthropique, et le contrat désormais signé aura des conséquences imprévues.


J'ai découvert ce livre grâce à mon partenariat avec la plateforme pour lecteurs professionnels NetGalley. Je remercie les éditions Super8 pour leur confiance et pour m'avoir permis de découvrir ce roman. 

Ce polar m'a vraiment plu. Il est très efficace, très malin. Toute l'intrigue à suspense nous est racontée par le narrateur, qui a le même nom que l'auteur (Adam Langer), et elle lui est racontée par l'écrivain (fictif) Conner. Tous le roman plane dans l'incertitude du vrai et du faux... Est-ce une histoire vraie? Est-ce que Conner raconte la vérité au narrateur? L'auteur semble s'amuser avec nous et nous, lecteurs, nous en amusons. Par exemple, Conner est réputé dans ces thrillers pour ses descriptions très détaillées et très précises donnant un aspect très "vrai" à ces enquêtes. Or, le roman lui-même est truffé de descriptions et de faits très précis (et exacts) : nom d'auteurs réels, description de la ville de Chicago et notamment d'un bar en particulier... On s'y croirait, et du coup on est, comme le narrateur, bien en peine de distinguer la vérité du roman. J'ai, à plusieurs reprise, été voir sur internet s'il s'agissait d'un fait "vrai" ou d'un fait "de fiction". 

J'ai trouvé l'histoire très originale également. Il est amusant de voir un auteur de polar se retrouver, comme ses héros, au coeur d'une intrigue. 
L'écriture est très précise, les descriptions très fluides et les chapitres assez courts. Attention, ce livre est très dur à lâcher. Même si le suspense n'est pas insoutenable on est poussé par la curiosité et on veut savoir la suite et démêler le vrai du faux. 

On trouve aussi en filigrane du roman, un questionnement plus profond : un écrivain écrit-il pour écrire ou pour être lu? Vaut il mieux écrire un bon livre lu par une seule personne ou plusieurs moins bien dans l'espoir que des centaines de personnes les liront? L'auteur est-il responsable des actes inspirés par son livre?

Je mettrai un petit bémol néanmoins sur la fin de l'histoire : cette fin est double puisqu'on a la fin de l'histoire de Conner telle qu'il la raconte à Adam Langer puis la fin proprement dite du livre, qui est ce que le narrateur fait avec cette histoire. La fin de l'aventure de Conner m'a un peu déçu (un peu rapide) mais elle reste dans le questionnement du "dit-il la vérité?". Cependant, si certaines révélations sont bien surprenantes et bienvenues, l'épilogue m'a fortement déçu. J'aurai préféré une fin ouverte à ce récit, une fin qui nous aurait laissé dans le trouble qui nous suit tout le roman. 

En bref, j'ai passé un très bon moment en lisant ce polar très efficace et très original même si la fin m'a un peu déçue. 

Citation : "Et donc nous étions là, casquettes sur la tête, deux quadras en slip de bain discutant en plein cagnard et sirotant nos eaux gazeuses, au bout de cette piscine où on avait pied, dans notre Hilton de West Lafayette avec vue sur l'autoroute, comme deux caïd en train d'organiser un deal. Dans nos rêves, ouais. En réalité, on devait plus ressembler à deux pères de famille au bout du rouleau qui attendaient leurs enfants pour aller dans l'eau."

15 avr. 2016

La liseuse de Paul Fournel (Folio)



Quatrième de couverture : Robert Dubois, éditeur de la vieille garde, se voit remettre une liseuse par une stagiaire. Quelque chose couve qui pourrait être une révolution et cette perspective le fait sourire.

Ce court roman (moins de 200 pages) m'a intéressé quand j'en ai entendu parlé car il semblait traiter des changements, des "révolutions" lié au développement de la lecture numérique. Ce thème et les débats qui en découlent sont d'actualités et j'espérais que cette lecture pourrait, agréablement, me sensibiliser à cette problématique. 

Concernant, l'histoire, la liseuse n'est que le début de le démarrage. L'éditeur "à l'ancienne" va découvrir au contact d'un groupe de jeune stagiaire une nouvelle vision du métier (nouveaux auteurs, importance de l'image des auteurs, applications pour téléphone...). Cependant, le personnage n'est pas du tout hostile. Même s'il est un peu largué, il prend tout cela avec humour et s'amuse beaucoup. 

Ce livre est une passionnante plongée dans le métier d'éditeur, de ce qu'il était et ouvre des perspectives sur ce qu'il devient. Le rapport entre éditeur et auteur est aussi bien traité avec plusieurs personnages haut en couleur. L'écriture est assez original et le découpage des chapitres m'a parfois surprise (au beau milieu d'une phrase...). Mais à la fin du livre, l'auteur explique qu'il a construit son récit en  sextine (forme poétique du 12è siècle très codifiée). J'aurai aimé que cette indication se trouve au début du livre pour pouvoir en profiter pendant ma lecture et non pas à posteriori... Dommage !!

J'ai trouvé que les sentiments du personnage n'était pas assez exprimé. Le texte est écrit à la première personne mais on n'a du mal à comprendre ce qu'il ressent (affection, amour, amitié, déception...). De ce fait, on ne comprend pas toujours les motivations du personnage. De même, les sentiments/motivations/caractères des autres personnages (notamment des auteurs qui sont de vieilles connaissances du héros) restent assez obscurs et on a du mal à s'attacher à eux. Par exemple, la relation entre le personnage et Valentine aurait pu être très trouble et riche : attirance, amitié, admiration, paternalisme... Mais tout cela reste superficiel. 

Le dénouement (7 pages) est très fort et très surprenant. Il m'a émue. En refermant le livre j'ai regretté que l'ensemble du livre n'ai pas été si fort que les dernières lignes...

En bref, un livre intéressant par son thème et sa forme mais l'auteur ne fait, à mon goût, pas subir une introspection suffisante à son personnage.

Citation : "Maud est partout en photo. Son livre l'a inventée. Elle est un nouveau personnage (...). Il l'a rendue belle.".